Médiation animale à l’Ehpad de Courpière (Puy-de-Dôme 63 ) :

Médiation animale à l’Ehpad de Courpière (Puy-de-Dôme 63 ) :

Depuis dix ans, l’Ehpad de Courpière, dans le Puy-de-Dôme, organise des séances de médiation animale. Un temps d’échanges bénéfique pour l’homme et l’animal.

Un sourire se dessine, une lueur de joie éclaire un second visage. Et les mots fusent. « Ah, je l’emmènerais bien avec moi ! », lance une mamie dans un fauteuil, à l’adresse de la femelle golden retriever de 6 ans et demi qui vient de faire irruption dans la salle de l’unité « Cantou ». Ce jour-là, l’Ehpad (Établissement d’hébergement de personnes âgées dépendantes) « Les Papillons d’or » à Courpière reçoit l’une de ses séances de médiation animale. Et la seule venue des animaux déclenche déjà de belles premières réactions dans le groupe de 14 participants.

Une dominante Alzheimer

Une opération lancée voilà dix ans par l’établissement avec les « Quatre A », le centre destiné à la formation des chiens-guides, à Sermentizon. « Notre établissement a une particularité avec une dominante de population Alzheimer de plus de 50 % », atteste Mireille Opé, directrice par intérim de la maison de retraite. L’Ehpad dispose ainsi d’un « Cantou » de 10 lits, une structure UVP (Unité de vie protégée) de 31 lits au 1er étage et un PASA (Pôle d’activité et de soins adaptés) de 14 places.

Cette intervention prend donc sa place tant dans le projet d’animation des « Papillons d’or » mais nourrit aussi un but thérapeutique. « C’est un véritable projet de soins », poursuit la directrice, distinguant la marche avec un kiné, de celle avec un chien. « Quand on promène un chien, on ne marche pas, on le promène. C’est une vision différente », estime-t-elle. Elle en veut pour preuve ces pensionnaires, ne bougeant plus ou ne marchant plus, qui retrouvent du plaisir à se déplacer avec l’animal en laisse.

Les objectifs recherchés

Via des jeux - cache-croquette, la balle - ou le brossage, plusieurs objectifs sont recherchés : retrouver une image positive et un sentiment d’utilité ; travailler sur la mémoire, « la plupart des personnes sont issues du monde rural et ont pu avoir des chiens dans leurs familles, c’est un repère » ; communiquer et construire un discours ; comprendre et mémoriser des consignes simples ; stimuler l’activité motrice, développer une stimulation sensorielle, cognitive, sensori-motrice et psychoaffective ; réduire la tension artérielle et le rythme cardiaque.

« Les gens retrouvent le sourire, articulent quelques mots… Il y a une émulation énorme », confie Mireille Opé dont l’établissement reçoit deux fois par mois ces séances. Des activités similaires sont proposées dans 16 établissements du Puy-de-Dôme par les « Quatre A », jusqu’à Clermont-Ferrand.

Un véritable atout pour les formatrices du centre de Sermentizon : « Cela nous permet de travailler autrement avec les animaux. On perçoit d’autres capacités de l’animal et cela nous permet de mieux les cerner dans leurs capacités d’attention, de contrôle », décrit Marie-Lise Muller, directrice du centre et éducatrice diplômée.

Les gens retrouvent le sourire, articulent quelques mots…

Cet après-midi-là, trois pensionnaires de Sermentizon ont fait le déplacement. Outre la golden retriever gardée en famille d’accueil, « Jingle », le cavalier King-Charles de 3 ans est venu se faire câliner et brosser sur les genoux des pensionnaires tandis que « Milord », le labrador de 23 mois, fait montre de ses talents. Ce dernier est un futur chien-guide en formation au centre. « Nous venons toujours avec un jeune chien en formation afin de l’habituer à découvrir d’autres formes de handicap », note Marie-Lise Muller. Et son regard ne change jamais : bienveillant. Fidèle à sa réputation de meilleur ami de l’homme.

 

 


Partager sur facebook.gif